Une étude de l’Université d’Anvers montre une ouverture à l’aquamation parallèlement à l’inhumation et à la crémation
Près de neuf Flamands sur dix estiment que chacun doit pouvoir choisir librement la manière dont il souhaite faire ses adieux : par l’inhumation, la crémation ou de nouvelles formes de funérailles comme l’aquamation. Cela ressort d’une étude académique menée par l’Université d’Anvers auprès de 3 275 Flamands. L’aquamation est une méthode funéraire alternative dans laquelle le corps n’est ni incinéré ni enterré, mais se décompose rapidement dans un cylindre rempli d’eau chaude. Un Flamand sur cinq envisagerait l’aquamation si cette méthode était légalement autorisée. L’étude indique qu’en Flandre, un soutien social clairement croissant est observé en faveur de la mise en place de nouvelles options de ce genre, parallèlement aux formes d’obsèques existantes.
Les résultats de l’étude corroborent les tendances observées depuis un certain temps déjà dans le secteur funéraire. En Flandre, environ 65 000 personnes décèdent chaque année, dont plus de 75 % sont incinérées. Alors que l’inhumation était la norme pendant des décennies, de plus en plus de Flamands optent pour la crémation. En l’espace de dix ans, la proportion de crémations en Flandre est passée de 63 % en 2013 à 78 % en 2023.
« La manière dont nous faisons nos adieux évolue avec la société », explique Tom Wustenberghs, directeur général de Pontes. « Pour nous, il ne s’agit pas de convaincre les gens d’opter pour l’aquamation. Ce que nous voulons, c’est que les familles aient davantage de choix. L’aquamation peut constituer une alternative supplémentaire à l’inhumation et à la crémation, afin que chacun puisse choisir la forme d’adieu qui lui convient le mieux. »
Une attitude positive, mais aussi un besoin d’informations
Une étude d’opinion menée par l’Université d’Anvers révèle que 40 % des Flamands ont déjà aujourd’hui une attitude positive, voire très positive, à l’égard de l’aquamation, tous âges et sexes confondus. Environ un tiers (34 %) y est indifférent. Lorsqu’on demande aux gens s’ils envisageraient l’aquamation si cette option était légalement possible, un sur cinq (18 %) répond qu’il ou elle l’envisagerait. Dans le même temps, près de la moitié des répondants (48 %) indiquent qu’ils ne disposent pas encore d’informations suffisantes pour prendre une décision.
Selon les chercheurs, cela témoigne d’une réelle ouverture d’esprit, mais aussi d’un besoin d’informations fiables.
« Notre étude indique qu’il existe bel et bien un soutien social croissant en faveur de l’aquamation en Flandre », déclare la professeure Sarah Van de Velde, du département de sociologie de l’Université d’Anvers. « Le plus marquant est qu’il n’y a pas de rejet de principe à l’égard de l’aquamation. Lorsque des réticences se manifestent, elles sont principalement liées à des sentiments personnels, à des interrogations écologiques ou financières, ou à la réaction que pourraient avoir les proches. Parallèlement, nous constatons qu’un grand nombre de personnes déclarent ne pas être suffisamment informées, ce qui montre que le débat à ce sujet est encore en cours. » L’étude montre qu’aujourd’hui, 24 % des Flamands connaissent déjà l’aquamation.
Liberté de choix essentielle
Cette étude souligne surtout la grande importance que les Flamands accordent à la liberté de choix. Près de neuf répondants sur dix estiment que les citoyens doivent pouvoir choisir librement entre différentes formes de funérailles. Seule une petite minorité (3 %) n’est pas d’accord avec cela.
Pour Pontes, ce principe est précisément le point de départ. Wustenberghs : « Les funérailles sont aujourd’hui beaucoup plus personnalisées qu’autrefois. Ce que les gens estiment essentiel, c’est la dimension personnelle des obsèques, le confort pratique pour les proches et les familles, ainsi que le caractère abordable. La tradition ou la religion jouent un rôle moins important qu’autrefois. Dans un tel contexte, il est logique que les options évoluent elles aussi. »
Une introduction prudente d’ici 2028
Pontes se positionne aujourd’hui comme un pionnier dans le domaine de l’aquamation au Benelux. Fin octobre 2025, Pontes a présenté à Wilrijk le premier appareil d’aquamation de Belgique, une étape importante dans le cadre d’un projet pilote qui représente une innovation pour le secteur funéraire belge.
L’aquamation est une technique funéraire qui consiste à décomposer le corps par hydrolyse alcaline. Pour ce faire, le corps est placé dans un cylindre fermé, qui est rempli d’eau chaude et d’hydroxyde de potassium. Sous haute pression et à une température comprise entre 150 et 160 degrés, le corps se décompose naturellement. Au bout de quatre heures, il ne reste qu’un squelette poreux qui, comme lors d’une crémation, est réduit en cendres et remis aux proches. Pour les familles, cela ne change donc pas grand-chose à la façon dont elles vivent cet adieu.
Au niveau international, cette technique est déjà utilisée notamment aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Irlande. En Flandre, l’aquamation fait actuellement l’objet d'études dans le cadre du projet pilote de Pontes, en collaboration avec des universités et des instituts de recherche. Dans ce cadre, les chercheurs de la KU Leuven travaillent notamment sur la sécurité microbiologique et la dégradation des agents pathogènes, tandis que l’Université d’Anvers étudie les aspects environnementaux et écologiques.
Pontes espère, en fonction des résultats de l’étude et du cadre juridique, pouvoir proposer l’aquamation comme nouvelle option funéraire en Flandre dans le courant de 2028. « Nous pensons que l’innovation dans le secteur funéraire doit toujours reposer sur le respect, des fondements scientifiques et un dialogue social », conclut Wustenberghs. « En tant qu’acteur public, nous souhaitons assumer nos responsabilités dans ce domaine et, en collaboration avec nos partenaires, ouvrir la voie avec prudence. » Cette étude prouve qu’il y a de la place pour cela en Flandre. »