20 octobre 2025

Pontes innove en expérimentant l’aquamation

Le 20 octobre 2025, Pontes présentait à Wilrijk le premier appareil d’aquamation de Belgique. Un moment historique qui marque le début d’un projet pilote révolutionnaire mené en collaboration avec des institutions scientifiques et destiné à déterminer si l’aquamation pourrait devenir une troisième pratique funéraire à part entière, en marge de l’inhumation et de la crémation.

Bien que le mot « résomation » soit souvent utilisé à l’échelle internationale, Pontes a choisi le terme « aquamation », car il fait plus clairement référence à ce qu’implique le processus. Il est donc mieux compréhensible.

 

« Avec l’aquamation, nous franchissons un nouveau jalon dans l’évolution des soins funéraires », explique Tom Wustenberghs, directeur général de Pontes. « Nous souhaitons proposer une troisième option aux familles. L’aquamation peut leur offrir une alternative moins “agressive” : pas de feu ni de terre, mais une méthode innovante pour faire ses adieux en toute sérénité. L’aquamation ne remplacera ni l’inhumation ni la crémation, mais offrira une alternative à part entière qui viendra compléter l’offre. Pontes entend jouer un rôle de pionnier et ouvrir la voie à cette pratique en Belgique. »

L’aquamation repose sur un procédé appelé « hydrolyse alcaline ». Placé dans un cylindre fermé rempli d’eau chaude et d’hydroxyde de potassium, le corps se décompose naturellement sous l’effet de la haute pression et de la température élevée (150 à 160 degrés). Au bout de quatre heures, il ne reste qu’un squelette poreux qui, comme lors d’une crémation, est réduit en cendres et remis aux proches. L’expérience des adieux ne change donc pratiquement pas pour les familles.

 

Coup d’envoi d’un projet pilote inédit

« Bien que le système ait été techniquement validé à l’étranger, nous ne voulons pas précipiter les choses en Flandre », souligne Tom Wustenberghs. La livraison de l’appareil à Wilrijk marquera le début d’une série d’essais réalisés en collaboration avec des chercheurs et des experts de la KU Leuven, de l’Université d’Anvers, de VITO, de la VMM et d’Aquafin. L’ensemble du processus sera testé et optimisé à l’aide de corps donnés à la science. Les chercheurs en évalueront l’impact en détail : de la sécurité médicale aux substances qui subsistent après le procédé, en passant par la manière de garantir un traitement responsable du liquide résiduel, le résidu.

 

« Nous voulons pouvoir nous appuyer sur des données scientifiques solides avant de proposer cette technique en Flandre », précise Tom Wustenberghs. « En marge des aspects environnementaux, il faut vérifier les facteurs médicaux et obtenir l’acceptation sociale. »

 

Une tendance internationale, une première flamande

 

Les premiers résultats du projet pilote sont attendus en 2026.

Avec ce projet, Pontes confirme son rôle de pionnier dans le Benelux. L’aquamation s’impose de plus en plus à l’échelle mondiale. La méthode est désormais autorisée dans plus de trente États aux États-Unis. Elle est aussi utilisée au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Irlande. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni définissent, quant à eux, un cadre juridique. Pontes lance aujourd’hui le premier projet pilote belge.

 

« La manière d’envisager les adieux évolue avec la société. L’aquamation est une pratique funéraire tournée vers l’avenir, qui élargit l’éventail d’options proposées aux familles, dans le respect de la tradition et des sensibilités inhérentes à la thématique des funérailles. C’est un nouveau chapitre que nous entendons écrire page par page avec nos partenaires », conclut Tom Wustenberghs.

 

La ministre flamande des Affaires intérieures, Hilde Crevits, a assisté lundi à la présentation de l’appareil d’aquamation : « La pratique funéraire n’avait plus connu d’évolution de ce type depuis bien longtemps. Les résultats scientifiques de ce projet pilote seront déterminants dans la décision d’inclure l’aquamation dans les options d’adieux à un être cher à l’avenir. Il est essentiel à mes yeux de mener une étude approfondie et de nous assurer que certaines conditions sont remplies. Il convient notamment d’élaborer un cadre éthique qui garantit le respect de la dépouille du défunt. J’ai d’ailleurs sollicité l’avis du Conseil supérieur de la santé. Sur la base de tous les avis et résultats, nous déciderons d’autoriser ou non cette nouvelle forme de funérailles en Flandre. »

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